Aujourd’hui, je nous sors de l’estuaire du Saint-Laurent. Pour mieux y retourner prochainement, bien sûr. Je vous le promets.

Aujourd’hui, j’ai davantage le goût de vous parler de ma tourbière secrète, cachée qu’elle est au creux de deux petites montagnes, sur la Côte-Nord. Au milieu de tout ça se trouve un étang où virevoltent les libellules et demoiselles; elles chassent les insectes volants.

Cela se passe quelque part au milieu de la forêt boréale, sans que personne n’y regarde.

Pour y accéder, on doit emprunter un sentier oublié. Boueux il est. Et dans les segments où il ne l’est pas trop, on marche alors dans la tourbe spongieuse et humide. Aussi bien dire qu’on ne va pas là sans de bonnes bottes de caoutchouc.

Dans le sentier, on aperçoit très souvent des pistes d’orignal. L’entretien du sentier leur a en quelque été confié. Il y a aussi toutes sortes de fleurs que je m’amuse à identifier avec une application sur mon cellulaire. Comme quoi, la technologie n’est jamais bien loin dans nos vies contemporaines. Les insectes aussi, pullulent à cet endroit. Sur les branches, on ne peut manquer les oiseaux nombreux qui chantent. Et dans les herbes hautes et grasses, si on regarde bien, on peut observer des minuscules rainettes crucifères, des grenouilles des bois ou même des grenouilles du nord.

Ce que j’aime tout particulièrement de cet endroit, c’est qu’il est colonisé par des centaines, voire des milliers de plantes carnivores.

Dans le sentier, en marchant à quatre-pattes, on peut repérer les droséras. Ce sont des plantes carnivores toutes petites. Elles attrapent leurs proies, les insectes, avec des gouttes de colle. Une fois l’insecte pris au piège, il est forcé d’entrer en contact avec une enzyme que sécrète la plante. L’insecte est ainsi digéré sur place. La plante récupère la matière pour ses propres besoins, entre autres en azote.

La drosera pousse dans des sols pauvres. Elle ne parviendrait pas à combler ses besoins à même ce sol. C’est pourquoi elle a développé une stratégie de chasse aux insectes.

Dans mon sentier, il y a tant de droséras qu’il faut faire attention en marchant pour ne pas les écraser.

Plus loin sur la route, on arrive à l’étang. Les droséras cèdent alors la place à une autre plante carnivore du Québec. La sarracénie pourpre.

Cette plante est beaucoup plus grosse que la droséra. Et sa stratégie de chasse est différente. Elle attire les insectes dans une coupole d’où ils ne peuvent ressortir à cause de milliers de petits poils qui orientent les proies vers le bas. Et au fond, il y a toujours de l’eau. C’est là que les insectes se noient et sont digérés par la plante.

La sarracénie est coiffée d’une belle grosse fleur rouge ou rosacée. Elle est piquée au bout d’une longue tige, et semble dominer tout ce petit monde.

L’histoire de prendre quelques clichés d’insectes, d’amphibiens, de fleurs ou de plantes carnivores, et le temps me fait déjà signe qu’il faut retourner à la voiture. Et je quitte ce sentier, qui est un micromonde en soi, et que j’ose dire mien. N’a-t-on pas tous quelques fibres de Jacques Cartier après tout?

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5 réflexions sur “Sentier oublié et colonisé par les plantes carnivores

  1. il y a dans tes fleurs ce qui ressemble fort à une orchidée que chez toi on nomme sabot de marie (ou sabot de la vierge) et qui est juste un peu différente de notre sabot de vénus européen par la couleur…..une amie québécoise m’en avait envoyé une photo quand j’avais publié les miennes 🙂

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