Gotcha!

Une première photo de grande musaraigne, de face, et au focus! Ç’a m’aura pris une semaine d’ajustements pour en arriver à ça!! Là, c’est vrai, je crois bien que 2020 est derrière nous ahahahaha!

Ce que j’aime de cette photo, c’est qu’on voit bien la grande musaraigne dans son environnement naturel. On voit son abri (le trou sous la branche), et on comprend bien que ses moeurs sont nocturnes. Plus je fais de la photo, et plus je trouve que c’est ça qui est important. Un portrait, où on peut compter les poils ou les plumes, c’est super. Impressionnant. Mais j’aime plus quand on voit le sujet vivre sa vie d’animal.

Le fait que la musaraigne court tout le temps, ç’a scrappé bien des photos au cours de la dernière semaine. Mais ç’a en dit quand même long sur la vie qui est celle d’un tel animal.

Imaginez-vous être l’un des plus petits habitants de la forêt et devoir vous déplacer de nuit pour vous alimenter. Imaginez à quel point cela doit être effrayant. Les humains n’ont absolument rien à craindre de se déplacer, la nuit, en forêt, et pourtant une très grande majorité de ceux-ci ont peur de le faire. « Je crois qu’il y a des coyotes…ou des loups »…ben oui, méchante menace. Maintenant, mettez-vous dans la peau d’un animal qui mesure 10 centimètres, et pensez que sur la branche que vous ne voyez pas, il y a peut-être un grand-duc…une chouette rayée…Pensez que pendant que vous dormez dans votre abri, une hermine peut faire irruption et vous dévorez sur place. Pas assez effrayant? Un renard qui creuse et vous déterre pour mieux vous manger. Avec toutes ces menaces qui rôdent, on peut comprendre pourquoi la musaraigne court toujours à grande course quand elle se déplace à découvert.

Ce qui fait que je suis bien content de ma photo. Et je suis bien content que vous ayez pu assister à tout le travail qui se cache derrière une seule photo. Ça semble simple, une photo. Tu pèses su’l piton et voilà. Alors que non. Il a tout d’abord fallu que je connaisse cet animal pour reconnaître les traces qu’il laissa près de son abri. Il a ensuite fallu que j’organise mon piège que je prie très fort le dieu de la photographie. Pour finir avec une photo réussie. Et probablement 500 ratées.

Quand vous achetez mon calendrier, ou celui de tout autre photographe animalier, gardez ça en tête. Il y a énormément d’efforts, et souvent de la douleur (froid mordant) ou de l’épuisement (grande marche en forêt) derrière une toute petite photo de rien du tout, qui vous montre un animal X ou Y.

Bon, tout ceci étant dit, je dois quand même préciser que j’aurais préféré avoir celle la gueule ouverte au focus, comme quoi, on n’est jamais content ahahaha! Mais bon, faut bien que cette satanée grande musaraigne demeure fidèle à sa réputation de sujet quasi insaisissable.Et juste pour bien me baver encore une fois, la nuit dernière, elle a pris tout son temps pour déterrer la feuille où se trouvait le beurre de pinotte!!!! Ç’a aurait été si simple si elle l’avait fait la nuit d’avant, alors que mon focus était directement placé là 😉

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