Shark drawing, vintage sea animal

Est-on en train de perdre notre requin le plus spectaculaire?


Encore trop de gens sont surpris d’apprendre que plusieurs espèces de requins fréquentent les eaux du Saint-Laurent. Que ce soit le requin du Groenland, le requin pèlerin, l’aiguillat ou même le requin blanc, ces espèces se retrouvent toutes dans nos eaux l’été venu.

Mais la grande espèce qui était la plus commune dans les eaux du Saint-Laurent (l’aiguillat noir étant un petit requin, mais plus abondant dans le Saint-Laurent) jusqu’à ce qu’on autorise une pêche commerciale la visant dans les années 1960, c’est le requin maraîche.

Il s’agit d’un magnifique squale qui est une copie carbone du grand blanc, mais dont la taille est plus modeste (il peut quand même atteindre 3 mètres de longueur). Il s’agit d’un requin qui mange davantage du poisson et des calmars, plutôt que des phoques comme son grand cousin qui s’est retrouvé vedette de films hollywoodiens.

Le requin maraîche se retrouve principalement dans les eaux canadiennes. C’est un requin qui arrive tardivement à maturité et qui donne naissance à peu de petits. C’est dire si la pêche a fortement déstabilisé cette espèce. On estime aujourd’hui qu’il ne reste plus que 10% de la population originale de requins maraîches. Bien que toute pêche le ciblant a été interdite en 2013, le redressement de la population se fait difficilement, principalement à cause du cycle de reproduction qui est très lent.

Ce requin demeure toujours méconnu aujourd’hui. Les chercheurs ont récemment découvert que les femelles gestantes se regroupaient autour de Cape Cod, aux États-Unis, à partir du mois de novembre. Les eaux froides chassant les autres espèces compétitrices, le requin maraîche y retrouve une paix qui lui profite bien.

Il y a quelques années de cela maintenant, un requin maraîche s’était échoué sur les battures de Manicouagan, près de Baie-Comeau. Des gens avaient tenté de le repousser à la mer, mais en vain. L’animal avait finalement succombé.

L’histoire s’était retrouvée dans le journal local, dont on peut lire ici l’article.

©Dary Durand

Le requin maraîche est un animal qui apprécie particulièrement la haute mer. Mais il lui arrive de s’approcher des côtes alors qu’il chasse une proie ou une autre. Dans le cas du requin de Baie-Comeau, c’est très certainement ce qui s’est produit. Le requin a suivi ses proies en eau peu profonde et il a été piégé par la marée basse.

Les experts estiment qu’il reste aujourd’hui moins de 200 000 requins maraîches dans les eaux canadiennes.

J’espère avoir un jour la chance d’en photographier un, lors d’une sortie en plongée sous-marine.

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