La minuscule rainette faux-grillon se retrouve exclusivement au sud du Québec, là où la pression humaine est énorme. De ce fait, l’espèce est poussée au bord de l’extinction. Les spécialistes craignent qu’elle puisse n’être qu’un souvenir d’ici 10 ans maximum.
Pourtant, dans les années 1950 et 1960, les rainettes faux-grillons pullulaient dans la grande région de Montréal. Les gens qui traversaient le pont Jacques-Cartier l’entendaient chanter. C’est dire que des milliards d’individus sillonnaient les milieux humides encore intacts de la région.
Aujourd’hui, il faut savoir où se rendre pour entendre les rainettes chanter. Et il faut y aller au bon moment. C’est que la rainette faux-grillon ne chante qu’au temps de la reproduction qui a lieu tôt au printemps.

Mais précisément, qu’est-ce qui pousse cette espèce au bord de l’extinction?
Plusieurs facteurs peuvent être identifiés afin d’évaluer les problèmes que rencontre l’espèce, ici au Québec. Parmi ceux-ci on retrouve:
1. Perte et dégradation de son habitat
La rainette faux-grillon vit principalement dans des zones humides, comme les marais, les étangs, les fossés et les lisières de forêts, où elle peut se reproduire et se nourrir. L’urbanisation croissante et l’expansion agricole entraînent la destruction et la fragmentation de ces habitats naturels. La construction de routes, comme le boulevard Béliveau à Longueuil, le drainage des terres humides, ainsi que l’aménagement de zones urbaines et agricoles perturbent ces environnements, rendant la survie de la rainette très précaire.
2. Pollution de l’eau
Les eaux des milieux humides dans lesquelles la rainette dépose ses œufs au printemps et peuvent être polluées par des pesticides, des herbicides et même des métaux lourds. Le dépôt à neige de Longueuil, qui est situé tout près du refuge faunique du Boisé du Tremblay, est lui aussi une source de pollution importante. Ces polluants affectent durement les dernières populations de rainettes faux-grillons.
3. Changements climatiques
Les changements climatiques affectent notamment la température et les niveaux d’eau dans les zones humides. Un printemps chaud peut entraîner un assèchement précoce des mares, avant même que les oeufs de la rainette aient le temps d’éclore. Les bouleversements climatiques sont un grand défi pour la survie de la rainette faux-grillon en bouleversant complètement sa saison de reproduction.
4. Fragmentation des populations et isolement génétique
L’urbanisation et la destruction des milieux naturels ont provoqué la fragmentation de la population de rainettes faux-grillons, ce qui réduit leur capacité à se reproduire entre différentes populations. Ce phénomène conduit à un isolement génétique, rendant les populations plus vulnérables aux maladies. L’isolement peut aussi limiter l’accès à des habitats adaptés pour la reproduction, ce qui aggrave la situation.
Bien sûr, beaucoup d’efforts sont menés afin de sauver cette espèce au Québec. Dans mon balado, je vous présente deux personnes qui sont en première ligne de la lutte menée pour la sauvegarde de cette espèce indicatrice de la santé des derniers milieux humides de la région de Montréal.
Bon visionnement!


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