J’ai commencé à me passionner pour les oiseaux à l’enfance. Ça se passait dans les années 1980. J’avais un guide pour m’initier à leur identification. Le guide Roger Tory Peterson. Je l’ai encore d’ailleurs, ce vieux guide, dans lequel un tangara écarlate ne s’appelle pas encore un piranga!

J’explorais les boisés du coin pour apercevoir une espèce ou une autre. Je me bricolais des mangeoires toutes croches pour les attirer dans la cour. Et je me levais aux aurores, avant d’aller à l’école, pour les observer.

Comme tout le monde, j’avais mes espèces préférées. À cette époque, c’était facile d’attirer les gros-becs. Ceux-là figuraient certainement parmi mes préférés. Les pics aussi. Probablement à cause de Woody que j’écoutais religieusement les samedis matins, à Radio-Canada.

Je suivais les enseignements de l’ornithologue André Dion. Celui-là m’avait appris que les moineaux domestiques et les étourneaux sansonnets étaient des espèces indésirables. On les avait importés d’Europe à la fin du XIXe siècle afin de lutter contre les insectes ravageurs. Ou de quoi du genre. Depuis, ils nuisaient aux autres espèces d’oiseaux du Québec. Dion se fabriquait des pièges pour les éliminer (je ne sais pas s’il appuierait encore une telle idée aujourd’hui).

Dans ma tête de tit-gars, j’ai mis tous les oiseaux noirs dans le même paquet. Pour moi, étourneau ou quiscale, ça émanait de la même engeance. Je les détestais tous les deux. Surtout à partir du jour où j’ai découvert un chardonneret des pins (ben oui, ça s’appelait pas encore un tarin), la tête éclatée, dans l’une de mes mangeoires. Le coupable ne pouvait être qu’un quiscale, que je ne parvenais pas à éloigner de mes postes d’alimentation, malgré tous les sparages que je faisais le matin afin de les effrayer. Ils revenaient toujours, les coquins!

Aujourd’hui, tout ça est très loin derrière moi. Je suis désormais devenu un grand sage (hum, hum, ouais), et j’ai depuis appris à apprécier la beauté de l’oiseau et son ingéniosité.

C’est la seule espèce que j’ai observée à la chasse aux rainettes. Les quiscales marchent dans l’eau, afin de faire bouger les amphibiens, et paf, d’un coup de bec, ils les attrapent. Le temps que ç’a m’a pris pour parvenir à poser ces fichues rainettes, ça me permet d’apprécier d’autant plus les talents de chasseur du quiscale.

Ces jours-ci, j’étais bien content de croiser la route de quiscales. Avec la neige sur les branches, ils m’ont offert de jolis contrastes.

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