Quand on pense au corail, les mers du sud nous viennent automatiquement en tête. Et pourtant! Dans les eaux glaciales, comme celles de l’estuaire du Saint-Laurent, on retrouve là aussi des espèces qui font partie de la famille des coraux.

Dans l’estuaire du Saint-Laurent, l’un des animaux qui est le plus commun est très certainement la framboise de mer (Gersemia rubiformis). Il s’agit ni plus ni moins qu’un corail mou. C’est-à-dire que les polypes ne sont pas, comme au sud, protégés par un exosquelette rigide.

La framboise de mer n’est pas un seul animal. Il s’agit en fait d’une colonie de polypes regroupés afin de mieux faire face à la vie. Une colonie peut mesurer trente centimètres de hauteur pour quinze centimètres de diamètre. Les polypes, quant à eux, sont minuscules. De l’ordre du centimètre. Il possède une couronne constituée de huit tentacules qui lui permettent de s’alimenter.

La framboise de mer consomme du phytoplancton et de micro-organismes que l’on retrouve dans le zooplancton. Les tentacules des polypes sont venimeux et servent à paralyser les proies les plus remuantes. Ensuite, les tentacules se courbent et apportent celles-ci à la bouche de l’animal.

Lorsque contractée, la colonie ressemble à une grosse framboise, d’où son nom.

Les sexes sont séparés. Il existe donc des colonies mâles et femelles. Les oeufs sont confiés au courant qui rencontreront les gamètes qui permettront la fécondation. Tous ces animaux qui se reproduisent ainsi enrichissent d’autant le zooplancton. Les animaux benthiques sont tellement nombreux sur les récifs du Saint-Laurent, on peut seulement imaginer tous les animalcules qui composent cette eau verdâtre, emplie de vie.

La colonie peut aussi faire bourgeonner de nouveaux polypes. La framboise de mer se reproduit donc de deux façons.

Dans le Saint-Laurent, la framboise de mer s’observe jusqu’à 200 mètres environ.

Les nudibranches apprécient particulièrement les framboises de mer. Ils pondent souvent leurs oeufs à côté d’une telle colonie. Pour que la génération suivante puisse s’en nourrir. Les nudibranches parviennent même à récolter le venin des polypes pour leur propre sécurité.

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