Hier, je vous parlais des éponges. Des animaux qui ont longtemps été classés dans la famille des végétaux. Aujourd’hui, je vous parle d’une pêche et d’une patate qui se retrouvent, elles, dans le même embranchement que les oiseaux, les reptiles, les poissons ou les mammifères. Soit les cordés.

Ce qui caractérise les cordés, c’est qu’ils possèdent tous, à un moment ou un autre de leur développement, une structure que l’on appelle la notocorde. C’est en quelque sorte une tige qui permet à la structure de se maintenir. Chez l’humain, la notocorde est notre colonne vertébrale.

L’estuaire du Saint-Laurent ne finira jamais de m’étonner. Quand je croise la route des pêches de mer (Halocynthia pyriformis) ou des patates de mer (Boltenia ovifera), la dernière chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’ils partagent des caractéristiques communes avec moi, et les mammifères qui nagent à la surface. On ne les a pas appelés pêche ou patate pour rien. Ces êtres ne ressemblent en rien à des animaux. Ils nous rappellent, de fait et bien davantage, nos vergers et potagers.

Et pourtant! Ce sont bien des animaux, qui se nourrissent et se reproduisent.

La pêche de mer et la patate de mer font partie de la classe des ascidies. Ce sont des animaux sessiles et benthiques. C’est-à-dire qu’une fois la larve prête, elle quitte le plancton et se fixe au sol, d’où elle deviendra une pêche ou une patate qui ne bougera plus de là.

Pour se nourrir, les pêches et patates utilisent leurs siphons. Ils en ont deux. Un qui aspire l’eau. Et l’autre qui l’expulse. L’eau circule ainsi dans le corps de l’animal, lui procurant les nutriments dont il a besoin pour se nourrir et qui sont puisés à même le plancton. Pour attraper leur nourriture plus efficacement, ces deux ascidies sécrètent un mucus collant dans leur larynx.

La pêche et la patate de mer sont des tuniciers. C’est-à-dire que leur peau est comme une tunique rugueuse. La pêche de mer peut mesurer jusqu’à 15 centimètres de hauteur, pour 7 ou 8 centimètres de diamètre. La patate est un peu plus petite. Soit de 7 ou 8 centimètres de hauteur pour 4 ou 5 centimètres de diamètre. La caractéristique qui permet très facilement de les distinguer, c’est que la patate vit accrochée au fond par une tige. Et elle apprécie davantage les profondeurs que la pêche de mer. On ne voit pas beaucoup de patates de mer près de la surface, contrairement aux pêches de mer.

Chez ces animaux, la reproduction est sexuée. L’animal expulse des oeufs et des spermatozoïdes dans l’eau (les ascidies sont généralement hermaphrodites). La fécondation a lieu dans la colonne d’eau. Un tétard sortira de l’oeuf, et il sera muni d’une vigoureuse notocorde lui permettant de se déplacer aisément.

Les étoiles de mer sont des prédateurs voraces des pêches de mer.

Sur mes sites de plongée, je vois énormément de pêches de mer. À un point tel qu’on finit par ne plus les remarquer. Des patates de mer? Beaucoup moins souvent. Et ce qui m’étonne à chaque fois que je tente de photographier ces animaux, c’est que j’ai beau m’approcher le plus discrètement d’eux que je le puis dans pareilles circonstances, ils sentent toujours ma présence. Ils ferment alors avec précipitation leurs siphons. Je dois attendre quelques instants qu’ils les rouvrent. Comment font-ils pour me repérer aussi efficacement? Je ne sais pas…

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Attention, une étoile en approche…
Généralement solitaire, la pêche de mer peut aussi former des colonies.
La fameuse patate de mer.

2 réflexions sur “Une pêche et une patate peuvent être des animaux

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