Aujourd’hui, je ne vous présente qu’une photo. Une seule photo qui démontre bien à quel point la vie peut être violente dans les profondeurs du Saint-Laurent.

Quand j’explore ces fonds marins, je suis toujours étonné de voir la vie évoluer si lentement. Ça semble doux. Paisible même. Mais cette impression s’efface quand je tombe sur une carcasse de poisson qui est en train de se faire dévorer par des crabes ou des étoiles. Ça arrive souvent. Et c’est là que tu comprends que ces lieux calmes renferment dans les faits mille et un dangers.

Lorsque les étoiles se déplacent au rythme d’un escargot, c’est quand même pour trouver un repas. Un coquillage sera écarté pour que l’estomac de l’étoile digère le mollusque dans son abri.

Les buccins aussi sont lents. Ils n’en sont pas moins à l’affût d’une proie. Les nudibranches aussi. Mais rien dans leurs comportements ne le laisse transparaître. Il faut le savoir. Voilà tout.

Pour les poissons, la vie n’est pas plus simple. Il s’agit de plonger la nuit pour s’en rendre compte. Les prédateurs sont alors sortis, aux aguets. Tout bouge plus rapidement. Le krill est remonté. Et les estomacs crient famine!

Dans le jour, on ne voit pas ça. Les poissons sont beaucoup plus tranquilles. Et l’on ne voit jamais les morues sorties de leur repaire. Enfin presque jamais.

C’est pourquoi je trouvais étrange d’avoir pu approcher une morue de roche d’aussi près, en suspension qu’elle était. Lorsque je me suis mis à l’inspecter, j’ai remarqué qu’elle avait très certainement connu des jours meilleurs. Elle avait la tête éraflée, une nageoire coupée et la queue quasi arrachée.

Je ne sais pas quel animal elle a rencontré pour subir de telles blessures, mais une chose demeure, elle avait bien failli y passer. De la chance elle eut donc de pouvoir continuer sa vie rude; enfin pour un temps encore.

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