À quoi peut-on s’attendre de la COP 27?

C’est ce dimanche, à Charm el-Cheikh en Égypte, que s’est ouverte la conférence des Nations unies, réunissant quelque 200 pays afin de discuter des problèmes climatiques.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce genre d’événements me donne le tournis. Les responsables sont tellement bons pour promettre tout et son contraire et ne rien faire au bout du compte que j’en ai perdu une bonne partie de ma confiance dans la démarche.

Mais la situation environnementale est tellement critique que je me force quand même à suivre le déroulement de la COP 27. Après tout, au rythme où vont actuellement les choses, on se dirige vers une hausse globale des températures de 2,8 degrés celsius avant la fin du siècle. C’est catastrophique. On ne peut quand même pas rester là, les bras croisés.

« Pitoyablement pas à la hauteur! »

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies

Parmi les grands objectifs de cette conférence, on retrouve l’appui aux pays en développement, et en particulier ceux d’Afrique. Ces pays sont durement touchés par la crise climatique, bien que ce ne sont pas eux qui émettent les plus grandes quantités de gaz à effet de serre. Il est par conséquent un peu normal que les pays riches, les grands émetteurs, les aident.

Ça fait des années que cette aide se retrouve au coeur des discussions. Lors de la COP 26, en Écosse, les pays s’étaient entendus sur le principe. Mais comme pour les autres grandes promesses engagées lors des COP, cette entente n’a rien donné.

Cette année, le Canada, par le truchement de son ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, tient à faire avancer les choses. En partenariat avec l’Allemagne, Guilbeault souhaite favoriser l’adoption d’un mécanisme qui aidera vraiment les pays en développement à s’adapter à la crise climatique et à les dédommager pour les dégâts causés par celle-ci.

D’autres promesses creuses? On verra bien…

« Il s’agit de supprimer les obstacles bureaucratiques à l’accès au financement de projets, d’accroître la transparence sur les objectifs nationaux individuels et de mieux mobiliser les financements privés et des banques multilatérales de développement. »

Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement

Personne ne peut être contre ce genre de mesures destinées à compenser les pays en développement pour les dégâts subis. Mais je me dis que si on s’était vraiment engagés à freiner les bouleversements climatiques depuis des années maintenant, on ne serait peut-être pas obligés de mettre sur pied de tels mécanismes aujourd’hui.

Je ressens un certain fatalisme, une certaine résignation, à travers ce discours. C’est comme s’ils ne croyaient plus pouvoir empêcher le pire de se produire, alors ils imaginent des solutions de dédommagement. Et je trouve ça pas mal inquiétant.

L’autre gros morceau de la COP 27 consiste à revenir à l’esprit de l’Accord de Paris de 2015 et qui consistait à adopter des mesures musclées afin de maintenir la hausse climatique sous la barre des deux degrés.

Au cours des 7 dernières années, les voeux pieux n’ont débouché sur rien de vraiment concluant. La très vaste majorité des pays ne parviennent toujours pas à rencontrer leurs objectifs. Ce qui fait qu’on se dirige plutôt vers une hausse catastrophique des températures de 3 degrés.

Est-ce que la COP 27 pourrait enfin relancer le mouvement dans la bonne direction? Malgré tous les beaux discours de notre ministre de l’Environnement Guilbeault, j’en doute fortement. Ce dernier soutient qu’il parlera haut et fort lors de cette conférence, mais la réalité est que le monde est aux prises avec des problèmes tels que l’urgence climatique est reléguée au second plan, aussi absurde que cela puisse être.

« Nous sommes ici pour être des partenaires productifs et pour aider à intensifier des actions climatiques. »

Steven Guilbeault

L’ancien président français, François Hollande, a été très clair à ce sujet. Il ne croit pas que le contexte géopolitique actuel favorise de grandes mesures environnementales. La Russie a envahi l’Ukraine, le monde se relève difficilement de la covid-19, alors il dit ne pas espérer grand chose de la COP 27.

« La Chine a d’autres préoccupations aujourd’hui que simplement réduire ses émissions de CO2, (…) la Russie, vous imaginez qu’elle ne va pas être un acteur primordial de la négociation, d’autant qu’elle veut vendre du gaz à toute la Terre sauf à l’Europe. »

François Hollande

Même son de cloche du côté des militants environnementaux les plus en vue. Greta Thunberg ne croit pas que les COP puissent constituer la solution à nos maux:

« Les COP « sont surtout utilisées comme une opportunité pour les dirigeants et les gens au pouvoir pour obtenir de l’attention, pour toutes sortes de ‘greenwashing’ ».

Greta Thunberg

Lorsqu’on constate que les beaux discours tenus dans les enceintes des COP ces dernières années ne débouchent jamais sur rien de vraiment tangible, il est bien difficile de lui donner tort…

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