Une nouvelle espèce de hibou

Ça m’étonne à chaque fois qu’une telle nouvelle nous est communiquée. La découverte d’une nouvelle espèce (un hibou dans ce cas-ci), à notre époque, c’est toujours quelque chose qui surprend. Avec le nombre d’humains qui sillonnent la planète de long et en large, avec la technologie toujours plus avancée, on se dirait que toutes les espèces ont déjà été aperçues maintes et maintes fois.

Hé bien non.

En fait, les scientifiques s’entendent pour dire qu’il y aurait encore 10 millions d’espèces à découvrir dans le monde. Ok, surtout dans les océans, mais ce chiffre peut quand même expliquer qu’on découvre encore aujourd’hui des espèces comme des hiboux.

Celui dont il est ici question, c’est Otus bikegila. C’est un petit-duc qui se trouve dans les forêts anciennes de la petite île de Principe, en Afrique.

Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que ce hibou serait déjà menacé d’extinction.

Les scientifiques considèrent qu’il y aurait de 1000 à 1500 individus de cette espèce qui habitent tous une zone minuscule du parc naturel Obô. Cette concentration rend évidemment l’espèce très vulnérable à toutes perturbations de son environnement et aux maladies.

Parmi les perturbations envisagées, il y a la construction d’un petit barrage qui est prévue à proximité.

«Nous pensons qu’il est complètement dépendant de cette forêt indigène. C’est déjà une zone protégée, mais elle peut être endommagée très facilement.

Bárbara Freitas, coautrice de l’étude et biologiste de l’évolution au Musée national des sciences naturelles de Madrid.

Depuis des décennies, les habitants de cette île de la côte ouest africaine entendent des cris étranges émaner de la forêt. Ces cris rappellent un insecte, le miaulement d’un chat ou encore le cri d’un singe. Bref, les gens ne savaient pas ce que c’était. Mais ils souhaitaient le découvrir.

Une espèce découverte grâce à un ancien trafiquant de perroquets

Si le petit-duc Otus bikegila a été découvert, c’est en bonne partie grâce à Ceciliano do Bom Jesus.

Des années durant, ce dernier a pillé les nids de perroquets jaco de l’île afin de vendre les poussins à des réseaux qui les destinaient aux animaleries du monde. En 2006, le parc Obô a été créé, et il fut interdit d’arracher ainsi les oisillons aux nids. Ceciliano do Bom Jesus décida alors de mettre ses vastes connaissances aux services de son île. Il devint guide.

Et c’est lui qui a guidé les scientifiques, des années durant, vers Otus bikegila. Et c’est grâce à lui si un individu a pu être capturé. Le profil ADN ainsi étudié a clairement établi la preuve qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce.

Des pièges audio

Mais l’équipe de scientifiques ne s’est pas seulement fier sur un guide afin de repérer des représentants de l’espèce. Ils ont aussi utilisé des pièges audio.

Ceux-ci leur ont permis de brosser le portrait sonore de cette forêt ancienne. Ils ont ainsi pu isoler le cri caractéristique de Otus bikegila. Il s’agit d’un petit ouh court et doux.

C’est l’équivalent sonore des pièges photographiques qui, eux aussi, sont excellents pour trouver des animaux que les humains ne peuvent pas observer dans leur habitat.

Nigel Collar, expert en petits-ducs auprès de l’organisation à but non lucratif BirdLife International

Source : National Geographic

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