Avant le piégeage vient le repérage

J’ai commencé ces jours-ci à vous parler de piégeage photographique. Des photos qu’on en retire et qui savent étonner.

Mais avant d’y parvenir, il faut bien se préparer. Et pour l’être, j’utilise des « trail caméras ». Ce sont des caméras qui sont utilisées par les chasseurs pour découvrir les habitudes de leurs gibiers. Si ça marche pour tuer les animaux, ça marche aussi pour les photographier.

En regardant ces vidéos, de retour chez soi, on découvre par où accèdent nos sujets à notre site. On voit aussi ce qui ne fonctionne pas dans la configuration de notre piège. Et on apprend quelles heures sont les plus rentables pour les affûts dans ce secteur.

Dans ces vidéos, on voit aussi l’importance qu’il y a de bien protéger son équipement quand on l’implique dans une stratégie de piégeage. Les ours sont particulièrement enclins à tout bousculer. Un petit chenapan m’a même volé une de mes « trail caméras ». Lui, en l’occurrence. On voit bien qu’il a tout du petit malcommode qui ne se gênera pas pour foutre le bordel dans le piège 😉

À venir jusqu’à aujourd’hui, j’ai placé mes flashs dans de simples boîtes du style tupperware qui permettent de bien protéger l’équipement des intempéries, mais aucunement des ours. Je devrai remédier à cela avant le printemps prochains. Les ours ont une tendance à vraiment frapper mes flashs. Ils semblent aimer les faire tomber 😉 À voir dans cette vidéo:

Mais ils apprécient aussi le caisson où se trouve la caméra. De ce côté, par contre, je suis bien protégé. Ma caméra se trouve dans des boîtiers Pelican. Les photographes les utilisent en Afrique car ils peuvent même résister aux mauvais traitements dispensés par les éléphants. Alors je me dis que si ça résiste aux éléphants, ça devrait survivre aux explorations des ours noirs.

L’Ours noir: fabriqué pour résister à l’hiver québécois

Il y a un mythe concernant cet animal extraordinaire. On entend souvent dire qu’il hiberne. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Durant l’hiver, l’ours noir (Ursus americanus) entre plutôt dans un état de torpeur. Une sorte de léthargie. Mais il peut se réveiller à tout moment. Surtout s’il est dérangé. C’est pourquoi, il faut prendre bien des précautions et ne pas s’approcher du lieu qu’un ours a choisi pour passer l’hiver.

Une autre légende, probablement issue des dessins animés, nous porte à croire que l’ours se trouve une grande caverne. Et que c’est là qu’il vit, été comme hiver. Alors qu’en fait, lorsque l’ours sent le moment d’entrer en repos afin de passer l’hiver, il cherchera bien davantage des souches, des arbres renversés, sous lesquels il creusera et s’enfouira. Il peut aussi se loger dans des troncs d’arbres, et même des huttes de castors. Les femelles élaborent de meilleurs abris hivernaux que les mâles, les tapissant de feuilles et de fougères.

Ces lieux sont repérables l’hiver car l’ours, en respirant, et de par sa chaleur, crée des genres de cheminées dans la neige. Des espèces de trous de respiration, si on veut. Il ne faut surtout pas s’en approcher, au risque de déranger l’ours qui y dort, et risquer ainsi de mettre sa sécurité physique à mal.

Il faut savoir que l’ours, malgré le froid environnant, conserve une bonne chaleur corporelle. L’été, sa température ressemble à la nôtre. 37 ou 38 degrés celsius. L’hiver, elle descend à 33-35. Parfois même jusqu’à 31. Ses battements cardiaques passeront de 50 à la minute à seulement 10 à la minute. Durant toute cette période, l’ours ne boira pas, n’urinera pas, et ne défèquera pas. Ça aide à conserver la tanière propre, elle qui permet tout juste à l’ours de se retourner (Si elle était plus grande, elle serait moins chaude).

Pour passer à travers ces mois froids et difficiles, l’ours doit se gaver. En fait, il ne fait que cela lorsqu’il est éveillé. Il doit prendre le plus de poids possible pour être capable, lorsque l’hiver sera là, de survivre jusqu’au printemps. De mai à novembre, mois où il entre en dormance, l’ours doit ingurgiter de 5000 à 8000 calories par jour. Plus s’il le peut. Durant l’hiver, son système transformera ses graisses en sucre, ce qui lui permettra de survivre. À la sortie de la tanière, il aura perdu environ 25 ou 30% de sa masse corporelle, plus s’il s’agit d’une femelle avec de nombreux oursons.

Question alimentation, l’ours est encore victime de mythes. Dans nos imaginaires, on le voit manger de la viande et du miel. Dans les faits, l’ours est un omnivore qui mange surtout des végétaux comme des framboises, des bleuets, des noix, des herbes, etc. D’ailleurs, l’été dernier, je suis tombé face à face avec un ours qui broutait littéralement les herbes grasses du sentier dans lequel je me promenais pour faire de la photo.

Les protéines, il les puisera bien davantage dans les insectes que les mammifères. C’est un gros mangeur de fourmis. Il éventre les souches de bois mort pour découvrir les fourmilières.

J’en vois parfois circuler sur les berges du Saint-Laurent. Les coquillages et autres mollusques sont là facilement atteignables, et ils sont très enrichissants. C’est une aubaine pour un gourmand comme l’ours noir.

Oui, il arrive parfois qu’un ours attrapera un veau orignal, mais cela relève davantage de l’exceptionnel que de la règle. Une femelle orignal est très bien outillée pour faire face à un ours. Alors les juvéniles ou les femelles avec oursons ne s’y risqueront pas. On croit souvent qu’un ours noir est énorme, alors qu’il s’agit d’un animal au poids relativement modeste. Une femelle pèsera quelque chose comme 150 livres, le mâle un peu plus de 200 livres. C’est peu pour s’attaquer à un animal aussi puissant qu’un orignal adulte.

Si un veau orignal se perd, il a par contre de fortes chances de rencontrer un prédateur – coyote, loup ou ours- qui n’en fera qu’une bouchée. Mais l’ours n’est pas spécialisé- quoiqu’en disent certains chasseurs afin de justifier leur braconnage- dans la chasse au veau orignal.

Chez l’ours noir, l’accouplement a lieu en juin. Et là encore, cette espèce démontre qu’elle est fort bien outillée pour passer à travers l’hiver. La gestation est chez l’ours différée. C’est-à-dire que l’embryon ne s’implantera dans l’utérus de la femelle que l’automne venu, soit quelques mois après la fécondation. Si la femelle est assez grasse, ça fonctionnera. Si elle ne l’est pas, l’embryon mourra. Quand tout va bien, la femelle donnera naissance à ses petits en janvier. Ils pèseront quelque chose comme 200 ou 300 grammes. Au sortir de la tanière, en avril ou en mai, tout dépendant des régions, ils pèseront 4 ou 5 livres.

De nos jours encore, l’ours a mauvaise presse. On le décrit comme un animal rôdant autour des chalets pour mieux les défoncer, ou comme un animal qui n’hésite pas à s’attaquer à l’humain. Or, quand on cherche dans toutes les archives du Québec, on ne peut retrouver la trace que de 6 attaques mortelles sur un humain. C’est fort peu. Et ça ne justifie aucunement la réputation qui est faite à cet animal magnifique et dont l’importance pour nos écosystèmes n’est plus à faire.

Parce qu’il est aussi approprié de s’auto-féliciter !

Je suis bien content de moi!

Le nouveau numéro du magazine Nature Sauvage vient de paraître. (Vous pouvez le trouver dans les kiosques à journaux, et vous devriez l’acheter pour encourager cette publication qui parle de la nature à nous). Et mes images y sont très présentes!

J’ai tout d’abord des anémones qui font la couverture!!!

J’ai un crabe des neiges qui sert à illustrer les propos de Lyne Morissette sur l’avenir des océans.

J’ai une rainette faux-grillon qui sert à illustrer les propos de Louise Gratton sur l’avenir du territoire. (Cette photo se retrouve d’ailleurs dans mon calendrier https://patrickrbourgeois.com/categorie-produit/calendrier/

Et j’ai aussi remporté la troisième position du concours de photo dans la catégorie Saint-Laurent avec une photo de maquereaux!!! (Cette photo se retrouve d’ailleurs dans mon calendrier!! https://patrickrbourgeois.com/categorie-produit/calendrier/

On va dire que j’ai fait ma part pour ce numéro, qui est le 50ème de la revue en plus 🙂

Je joins les photos en question, pour que vous puissiez mieux les voir.

La saison du piégeage

Les premiers flocons commencent à tomber sur le Québec. C’est le signal, pour moi, de l’ouverture de la saison du piégeage.

Mais du piégeage photographique, bien sûr.

Pour ce faire, je me rends dans les environs de ma maison de la forêt. C’est un endroit sûr pour disposer mes pièges. Dans la région de Montréal, il y a beaucoup trop de monde, et les risques sont trop grands que quelqu’un vole mes caméras laissées aux bons soins de la nature.

J’aime beaucoup l’hiver pour le piégeage. Je trouve que les images ainsi obtenues sont plus belles que durant l’été. Les coups de flashs, sur la végétation, ça donne un rendu qui me plaît moins que sur la neige.

Mais l’hiver, c’est plus dur que l’été.

Il faut très bien connaître le comportement de l’espèce visée quand vient le temps de placer son piège. Il faut aussi espérer que le sujet collaborera et qu’il se placera correctement dans la zone de focus. Et l’hiver, il faut en plus élaborer nos plans en considérant le froid; ce froid qui tue les piles si rapidement! Et qui gèle nos mains alors qu’on manipule nos appareils.

Certaines personnes se disent que le piégeage, c’est facile, puisque le photographe n’est pas sur place au moment de la prise de la photo. Hé bien, je me dois de rétorquer que c’est dans les faits très, très difficile. À l’aide de cette technique, je ne réussis que quelques bonnes photos par année. À ce jeu, les échecs sont bien plus nombreux que les réussites.

Parce que le sujet nous montre très souvent ses fesses au lieu de sa tête:

Le sujet peut aussi passer trop près de la caméra:

Il peut aussi passer trop loin:

Alors qu’à d’autres occasions, c’est une autre espèce qui déclenche la caméra:

Mais quand tu réussis ton coup, tu parviens à réaliser des photos qui sortent de l’ordinaire. Elles offrent une proximité avec l’animal qu’il est très difficile, voire impossible, d’atteindre en étant présent sur les lieux, caméra en mains. Et à l’aide de cette technique, on parvient à ce que l’animal nous offre une attitude tout autre que lorsqu’on le pose, en étant pas trop loin de lui. Avec le piégeage, il semble plus calme, moins stressé.

Dans les prochains jours, je vous ferai une vidéo, sur le terrain, pour vous montrer comment j’installe mes pièges. Au jour le jour, on ira les visiter, et on espérera attraper quelques images dignes de mention. C’est à suivre!

Confier sa progéniture au garde-manger

Les nudibranches sont omniprésents dans les eaux de l’estuaire du Saint-Laurent. Ce sont de sympathiques mollusques qui déambulent partout où on porte le regard.

Il y a plusieurs espèces dans nos eaux. Le nudibranche couleur saumon, couleur rouge, le nudibranche hérissé, le doris rugueux, etc.

Tous ont la particularité d’être lents. Très lents. Et de ne pas vivre longtemps. En plus, ils sont quasi aveugles. Leurs yeux se trouvent dans leur tête et ne servent qu’à percevoir le degré de luminosité.

Tout ça peut devenir un problème lorsque vient le temps de trouver sa nourriture.

Les nudibranches affectionnent particulièrement les hydroïdes. Les méduses. Et les framboises de mer.

L’adulte pond donc ses oeufs tout près de ces sources de nourriture. En naissant, les nudibranches juvéniles auront donc à portée de bouche de précieuses réserves alimentaires. Ils passeront de ce fait la majeure partie de leur vie dans ce secteur.

Nudibranche et ses oeufs

Sur cette photo, on aperçoit bien que les oeufs se trouvent tout juste à proximité d’une framboise de mer. En naissant, les jeunes nudibranches trouveront donc, et facilement, de quoi se sustenter.

L’amour chez les crabes

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Dans l’estuaire du Saint-Laurent, les crabes sont omniprésents. Au cours d’une seule plongée, on est assuré d’en voir plusieurs. Parfois même des dizaines, voire des centaines.

Il y a deux espèces que l’on observe plus fréquemment. Le crabe commun (Cancer irroratus) et le crabe-araignée (Hyas araneus). Le crabe-araignée a les pattes plus longues que le crabe-commun. Et son corps est proportionnellement plus petit comparativement au crabe commun.

Crabe commun
Crabe-araignée

Les deux espèces se rencontrent sensiblement dans les mêmes environnements. Et les deux sont des opportunistes qui mangent ce qui passe à leur portée. En ce qui a trait à la reproduction, il y a une différence notable entre ces espèces. Le crabe-araignée mâle peut s’accoupler même si la femelle ne vient pas de muer. Alors que le crabe commun, lui, ne le peut pas. Il doit attendre que la femelle mue et change de carapace. La nouvelle étant molle quelque temps, c’est alors l’occasion que le mâle attendait pour se reproduire.

Mais comment fait-il, ce crabe commun mâle, pour être au bon endroit au bon moment, c’est-à-dire au moment de la mue de sa partenaire? Pas compliqué. Il la kidnappe et attend tout simplement qu’elle mue. D’un premier regard, ça peut donner l’impression d’une scène romantique alors qu’on est plutôt confronté – si nous n’avons pas peur de l’anthropomorphisme – à de la violence conjugale 😉

Couple de crabes communs

Il y a une troisième espèce de crabe que l’on peut rencontrer dans les profondeurs de l’estuaire du Saint-Laurent. C’est le crabe des neiges. C’est une espèce qui apprécie particulièrement les eaux très froides. C’est pourquoi il faut descendre en profondeur, l’été, si on veut avoir une chance de l’observer.

Par rapport à la reproduction, le crabe des neiges adopte un comportement similaire au crabe commun, c’est-à-dire qu’il kidnappe lui aussi sa femelle. Mais dans ce cas-ci, l’image ainsi créée est beaucoup plus étrange. C’est que le mâle, chez cette espèce, est beaucoup plus gros que la femelle. Lorsqu’on les voit liés ensemble, ça donne une impression de couple fortement dépareillé.

Les trésors sont sous les roches

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L’estuaire du Saint-Laurent est un écosystème qui livre ses secrets avec parcimonie. D’une part, parce qu’il est tellement hostile à l’humain qu’il est difficile à étudier; alors les chercheurs y sont peu nombreux. Et d’autre part parce que ses habitants savent se faire excessivement discrets.

On a beau approcher les animaux le plus délicatement possible en évoluant sous les flots, ils nous sentent toujours venir. Lorsque la visibilité est limitée, le résultat est qu’ils fuient avant même qu’on les aperçoive. Ça, c’est vrai pour les bons nageurs, comme les poissons pélagiques. Les animaux benthiques, eux, sont passés maîtres dans l’art du camouflage. Lorsqu’ils détectent notre présence, ils cessent de remuer la moindre écaille. Il faut vraiment avoir l’oeil alerte pour les repérer.

Comme si le défi n’était déjà pas assez relevé, plusieurs de ces mêmes animaux marins qui apprécient le fond comme milieu de vie savent se trouver les meilleures cachettes. Lorsqu’on explore l’estuaire, il faut donc scruter minutieusement les anfractuosités entre les rochers. C’est souvent là que se terrent les plus beaux animaux.

Pour repérer les cachettes du formidable loup atlantique (Anarhichas lupus), il y a un truc bien simple. Il faut trouver des sites dont les sols sont jonchés de coquilles broyées. Les mâchoires du loup sont puissantes et détruisent les exosquelettes et les coquilles qui protègent les proies qu’il consomme. Comme il ne mange pas très proprement, il est toujours assez aisé de repérer les restes de ses repas. Quand c’est chose faite, vous pouvez être quasi assuré de pouvoir observer dans l’instant qui suit un gros loup bien tapi dans son repaire.

Sur mes sites se trouve un autre poisson anguilliforme qui aime bien vivre lui aussi sous les roches. Il s’agit de la loquette d’Amérique (Zoarces americanus). C’est un poisson un peu plus petit que le loup, loup qui peut mesurer plus d’un mètre et demi de long. Et qui est plus difficile à trouver. Enfin cela est vrai sur mes sites, car il n’y est là pas très présent. Il apprécie davantage les faibles profondeurs, et mes sites sont des tombants profonds qui conviennent bien davantage au loup. Mais lorsque je parviens à croiser la route de la loquette, celle-ci se dissimule presque tout le temps entre des rochers. Je ne l’aperçois que très rarement sortie de son repaire.

L’on sait que les bouleversements climatiques provoquent de nouvelles migrations. L’une d’entre-elle concerne le homard américain (Homarus americanus) qui fuit de ce fait les eaux du sud pour celles du nord. Le secteur que je plonge représentait une limite difficilement franchissable pour cet animal. Parce que l’eau y est un peu trop froide à son goût. Mais cela était surtout vrai jadis. Depuis quelques saisons, je vois apparaître de plus en plus d’homards sur mes sites.

Chez nous, si on veut les voir en activité, il faut plonger la nuit. Durant le jour, il imite plusieurs des autres espèces de l’estuaire et il demeure bien caché sous les rochers.

Explorer l’estuaire du Saint-Laurent impose de modifier complètement notre attitude. Nos vies vont vite, on le sait, et lorsqu’on descend sous les flots, on a tendance à maintenir ce rythme et à nager beaucoup trop activement. Ce faisant, on passe trop rapidement devant les trous entre les rochers. Et c’est comme ça qu’on perd la chance d’observer les trésors du Saint-Laurent qui s’y tapissent.

Mon entrevue à Radio-Canada

Pour ceux qui voudraient écouter l’entrevue que j’ai ce matin accordée à la radio de Radio-Canada au sujet de mes calendriers et de la photo animalière, c’est par là que ça se passe:


https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/bonjour-la-cote/segments/entrevue/209940/patrick-bourgeois-photographe-calendrier-animalier

Ceux qui voudraient m’acheter un calendrier, c’est plutôt par là que ça se passe: https://patrickrbourgeois.com/services/boutique/

Merci de me suivre.

Et de partager, si le coeur vous en dit!

Diffusion via Facebook direct

À ne pas manquer.

À 15h, aujourd’hui (16 novembre 2020), je ferai un Facebook direct pour vous présenter mes offres de calendriers 2021 et pour vous expliquer comment vous les procurer.

Mais j’en profiterai aussi pour vous raconter des anecdotes sur des photos qui se trouvent dans les calendriers. Et je répondrai aussi à vos questions. Ce sera une genre de conférence si on veut.

Qui sait, ça pourrait donner naissance à une formule que je pourrais reprendre dans le futur. En période de ralentissement de nos activités à cause dont sait quoi, ça pourrait donner des périodes d’échanges intéressants sur la nature du Québec. Vous me direz si ça pourrait vous intéresser.

Ceux qui ne pourront être des nôtres à 15h, je publierai bien sûr, et par la suite, la vidéo sur ma page. Vous pourrez ainsi la voir quand bon vous semblera. Mais vous ne pourrez pas poser de questions par contre 😉

Tout ça se passera ici: https://www.facebook.com/patrick.bourgeois.37/

Un dindon pas comme les autres

Ce matin, avant de rentrer en ville, j’avais décidé de faire un petit arrêt au champ où je vois souvent des dindons sauvages (Meleagris gallopavo). Je voulais essayer de mieux les photographier que je ne l’avais pu, le dernier coup.

Il reste que ces dindons, je les vois toujours dans un champ de maïs dont la récolte a été effectuée récemment. Ce n’est pas très photogénique. Mais ce matin, le champ était couvert de gel. Je trouvais ça plus intéressant.

Il est tout à fait normal de les trouver en pareil environnement. Ces oiseaux, réintroduits au Québec depuis quelques décennies maintenant, apprécient les couverts forestiers tout juste à proximité d’aires ouvertes, comme des champs…de maïs.

Je ne sais pas si c’est à cause du froid de la nuit dernière qui les a engourdis, mais il se trouve que les dindons étaient aujourd’hui beaucoup plus calmes qu’à l’habitude. J’ai donc pu m’approcher d’eux davantage. Ce qui est toujours une bonne chose en photographie.

Quel ne fut pas mon étonnement, alors que j’examinais le champ, de repérer, parmi le groupe de 30 ou 40 dindons, un individu tout blanc! Un albinos? Non, car en regardant bien dans mon téléobjectif, j’ai pu voir que ses yeux étaient normaux. Si ce dindon avait été albinos, il aurait été complètement blanc et aurait eu les yeux tirant sur le rose.

Mon dindon est plutôt atteint de leucisme. C’est-à-dire qu’il est beaucoup plus pâle qu’un individu normal parce que ses pigments sont dilués, mais il arbore quand même quelques couleurs, ce qui élimine d’emblée le statut albinos. Le leucisme serait génétique, et pourrait avoir un lien avec l’alimentation. Il est vrai qu’un champ de maïs vient bien souvent avec tout un cocktail de pesticides qui ne doit pas être pleinement sain pour la santé… Mais ça, c’est un tout autre débat.

N’en demeure pas moins que je commence à apprécier ce gros oiseau. Dans le champ aujourd’hui, il avait un certain charme. En piaillant, tout en récoltant sa nourriture, il m’offrait presque de la musique…

J’aimerais maintenant le poser en forêt. Le coup d’oeil serait, j’en suis sûr, beaucoup plus agréable.