Un dindon pas comme les autres

Ce matin, avant de rentrer en ville, j’avais décidé de faire un petit arrêt au champ où je vois souvent des dindons sauvages (Meleagris gallopavo). Je voulais essayer de mieux les photographier que je ne l’avais pu, le dernier coup.

Il reste que ces dindons, je les vois toujours dans un champ de maïs dont la récolte a été effectuée récemment. Ce n’est pas très photogénique. Mais ce matin, le champ était couvert de gel. Je trouvais ça plus intéressant.

Il est tout à fait normal de les trouver en pareil environnement. Ces oiseaux, réintroduits au Québec depuis quelques décennies maintenant, apprécient les couverts forestiers tout juste à proximité d’aires ouvertes, comme des champs…de maïs.

Je ne sais pas si c’est à cause du froid de la nuit dernière qui les a engourdis, mais il se trouve que les dindons étaient aujourd’hui beaucoup plus calmes qu’à l’habitude. J’ai donc pu m’approcher d’eux davantage. Ce qui est toujours une bonne chose en photographie.

Quel ne fut pas mon étonnement, alors que j’examinais le champ, de repérer, parmi le groupe de 30 ou 40 dindons, un individu tout blanc! Un albinos? Non, car en regardant bien dans mon téléobjectif, j’ai pu voir que ses yeux étaient normaux. Si ce dindon avait été albinos, il aurait été complètement blanc et aurait eu les yeux tirant sur le rose.

Mon dindon est plutôt atteint de leucisme. C’est-à-dire qu’il est beaucoup plus pâle qu’un individu normal parce que ses pigments sont dilués, mais il arbore quand même quelques couleurs, ce qui élimine d’emblée le statut albinos. Le leucisme serait génétique, et pourrait avoir un lien avec l’alimentation. Il est vrai qu’un champ de maïs vient bien souvent avec tout un cocktail de pesticides qui ne doit pas être pleinement sain pour la santé… Mais ça, c’est un tout autre débat.

N’en demeure pas moins que je commence à apprécier ce gros oiseau. Dans le champ aujourd’hui, il avait un certain charme. En piaillant, tout en récoltant sa nourriture, il m’offrait presque de la musique…

J’aimerais maintenant le poser en forêt. Le coup d’oeil serait, j’en suis sûr, beaucoup plus agréable.