Les éponges ont longtemps été classées dans la famille des végétaux. Et cela n’est pas surprenant. Ces animaux simples vivent carrément comme des plantes. Ils poussent sur les fonds marins. Ce n’est qu’en découvrant leur stade larvaire que les éponges ont été ramenées du côté des animaux.

Les éponges n’ont pas de système nerveux, ni de système digestif ni même d’organes quelconques. Comme des plantes. Ce sont des regroupements de cellules spécialisées qui puisent leurs ressources dans l’eau qu’ils filtrent.

Les scientifiques ont identifié environ 8500 espèces d’éponges. Mais leurs estimations établissent qu’il y en aurait encore 15 000 ou 20 000 espèces à découvrir dans les fonds marins. Ceci dit, il y a aussi quelques espèces qui vivent en eau douce.

Ces animaux sont de tailles variables. Certaines éponges sont minuscules alors que d’autres peuvent mesurer un mètre ou deux de hauteur. On les retrouve de la surface jusqu’aux abysses, et ce, des tropiques aux eaux polaires.

La structure des éponges est simple. L’extérieur est constituée d’une coquille; certaines rappellent le verre (hyalosponges), d’autres la soie (démosponges). Il y a des trous qui permettent à l’eau d’apporter les nutriments et l’oxygène aux cellules. Dans ces canaux, il y a des cellules spécialisées qui sont responsables de « fouetter » l’eau afin de la faire circuler plus efficacement dans le corps de l’animal. C’est aussi par ces pores que les déchets sont expulsés, tout comme les oeufs et le sperme. Pour se reproduire, les éponges emploient trois méthodes. La méthode sexuée qui implique du sperme et des oeufs; la fragmentation qui permet à l’animal de se diviser; et par bourgeonnement, alors que des capsules sont libérées par les éponges, capsules qui iront s’implanter plus loin.

Dans l’estuaire du Saint-Laurent, j’observe souvent des éponges. L’on voit plus fréquemment les éponges verruqueuses, les éponges en corbeille, les éponges en croûte de pain et les éponges pourpres. Mais ma préférée demeure l’éponge digitée. Une belle éponge qui peut mesurer un demi-mètre de hauteur!

C’est à l’île-aux-oeufs qu’il y a la plus grosse colonie d’éponges digitées dans mon secteur de plongée. Mais malheureusement, c’est assez loin de Baie-Comeau, alors je n’y vais pas très souvent. Mais il y a quelques années, j’ai trouvé une éponge digitée qui se trouve sur l’un des sites de plongée où j’amène régulièrement des clients. C’est dire que j’ai la chance de la voir souvent.

Elle se trouve à environ 80 pieds de profondeur. Elle est accrochée sur une pointe, face au courant. Je suis toujours étonné, à chaque printemps, de la retrouver intacte. Ces animaux me semblent si fragiles. J’ai de la difficulté à croire que rien ne semble malgré tout en mesure de les abimer.

J’ai bien hâte au printemps prochain pour aller voir « mon » éponge. Question de vérifier qu’elle a bien survécu au rude hiver de la Côte-Nord.

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Éponge en corbeille
Éponge verruqueuse
Éponge digitée
Et parfois, on tombe sur une forme particulière qui rend l’identification plus hasardeuse. Je dirais qu’il s’agit d’une verruqueuse.
Mon amie, l’éponge digitée 😉

Une réflexion sur “Un animal qui vit comme une plante

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