Une journée avec les mésanges

Ma sortie au coyote ne fut pas couronnée de succès.  La météo ne m’a pas fait de cadeaux durant les jours où j’étais sur la piste de ce canidé magnifique.

Pourtant, quelques jours seulement avant mon arrivée sur le site retenu pour l’opération photo, les coyotes étaient très actifs.  Mais la mauvaise météo qui nous a frappés dès mon arrivée semble les avoir convaincus de ne plus bouger d’un poil, de se mettre bien à l’abri d’ici le retour du temps doux.

Décidément, ces coyotes me donnent du fil à retordre.  Mais je n’ai pas dit mon dernier mot.  Je vous en passe un papier.

Au moment d’écrire ces lignes, une caméra de surveillance enregistre les informations concernant un spot où circulent activement les coyotes. Cette caméra sera en place environ deux semaines.  Sans qu’un humain ne passe dans le secteur durant cette période.  Car personne n’y passe jamais, à part moi bien sûr.  Cette tranquilité devrait rassurer les canidés.  Et un coyote devrait de ce fait passer directement devant la caméra d’ici à ce que j’y retourne. Enfin je l’espère.

Si tel est le cas, les informations que je prélèverai me permettront de placer un piège photographique plus efficacement. Et d’obtenir ainsi une photo digne de ce nom.

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Pendant que j’attendais le passage des coyotes au cours de la dernière semaine, j’ai quand même pu observer bien des oiseaux, dont les sympathiques mésanges à tête noire.  Elles semblaient se demander à quel jeu je jouais.  Avec mon appeau électronique imitant le cri des coyotes. Ou d’un animal blessé.  Cris qui les attirent, je ne sais trop pour quelle raison d’ailleurs.  Les mésanges semblaient trouver tout aussi étrange ma peluche imitant un lapin en détresse qui se trémousse (au bout d’une baguette métallique) 😉

lapin (1 sur 1)

Les mésanges, elles, au moins, se sont laissées facilement photographier 😉

Le gros-bec errant: que de souvenirs!

Lorsque j’étais encore enfant, je pris la décision de nourrir les oiseaux derrière chez nous.  Je devais avoir 9 ou 10 ans quand j’ai commencé.  Et à l’époque, nourrir les oiseaux n’était vraiment pas à la mode.

Afin de parvenir à mes fins, je construisis moi-même mes mangeoires. Il s’agissait de plateaux rudimentaires que j’avais peints d’un bon brun années 1980.  D’accord, c’était tout croche.  Mais on peut l’excuser puisque c’est un enfant qui les avait fabriqués.

N’en demeure pas moins que j’eus du succès très rapidement.  Comme j’étais à peu près le seul dans le quartier à nourrir les oiseaux, ceux-ci accoururent très rapidement dans mes mangeoires.  Résultat:  mes plateaux se vidaient très rapidement.

Je pris mon argent de poche et je me rendis à la pépinière du coin où ils vendaient des grosses poches de graines de tournesol. Il faut dire que les gros-becs errants venaient chez moi, chaque jour, et qu’ils étaient plusieurs dizaines à consommer les graines de tournesol que je plaçais à leur disposition.  Comme on peut l’imaginer, une poche de graines ne fut pas suffisante.  Je dus en acheter quelques-unes durant l’hiver.

Au printemps, le terrain n’était pas beau à voir.  Il y avait des écales de graines de tournesol partout.  Ma mère, bien que mécontente, m’aida à nettoyer le terrain.  Et mon père me fabriqua une mangeoire plus modeste que les plateaux que j’utilisais jusque-là. Je poursuivis ma mission et continuai de nourrir les oiseaux.  Mais de manière plus raisonnable 😉

Je me souviens aussi d’avoir pris conscience que ce que les gens disaient à cette époque, c’est-à-dire que les oiseaux du Québec étaient tous bruns-laids, était archi-faux.  Les gros-becs errants sont les premiers oiseaux que j’ai vus chez moi et qui étaient aussi colorés.  J’ai alors su que nous aussi on avait des oiseaux au plumage resplendissant!

Ce sont tous ces souvenirs qui me revinrent à l’esprit ces derniers temps lorsque les gros-becs errants furent de retour autour de ma maison du fond des bois.

Quelques jours avec les tarins des pins

La semaine dernière, les tarins des pins ont fait leur apparition dans les boisés derrière chez moi.  Il y en avait des dizaines et des dizaines.  Je ne les avais point aperçus jusqu’ici, cet hiver.  Leur arrivée en grand nombre fut par conséquent assez surprenante!

Le plumage de l’oiseau peut apparaître quelconque au premier regard.  Ça demeure un petit oiseau brun, avec un peu de jaune sur la base des rectrices.  Mais il est tellement sympathique, cet oiseau, qu’on en oublie rapidement le peu d’éclat de son apparence.

C’est un oiseau très peu farouche qui se laisse approcher facilement.  Il s’agit donc d’un bon sujet pour la photo.  Et comme il forme de grands groupes, ce ne sont jamais les sujets de photo qui manquent lorsqu’il est dans les parages.

Si la nourriture se faire rare certains hivers, le tarin de pins prendra la décision de migrer vers le sud.  En rangs serrés, il pourra se rendre aussi loin du Québec que la Floride.

C’est un oiseau qui est régulièrement victime d’accidents avec les voitures.  Il est attiré vers le bord des routes par les sels de déclaçage qui sont ici épandus l’hiver afin de faire fondre la glace.  Son caractère peu farouche le dessert alors car il ne s’envole qu’au dernier moment lorsqu’une voiture se dirige vers lui.  Et pas tout le temps dans la bonne direction…