Attention, pieuvre ultra venimeuse !

Ce n’est pas une règle infaillible, bien sûr. Et il faut évidemment exclure les oiseaux de cette règle. Mais dans la nature, la plupart du temps, quand un animal est ultra coloré, c’est souvent parce qu’il est venimeux.

C’est en tout cas le cas de la pieuvre à anneaux bleus qui vit dans les eaux ceinturant l’Australie du Sud.

Cette toute petite pieuvre possède un venin assez puissant pour tuer rapidement un humain adulte.

Afin de faire savoir aux êtres des alentours qu’elle est dangereuse, elle arbore des anneaux d’un bleu étincelant. La pieuvre les fait apparaître lorsqu’elle se sent menacée ou lorsqu’elle est sur le point d’attaquer, et ce, afin d’envoyer un message clair à ses adversaires : attention, venin puissant!

La pieuvre délivre son venin à l’aide de son bec. C’est donc en mordant ses prédateurs ou ses proies qu’elle les empoisonne. Le venin est stocké dans les glandes salivaires de l’animal.

La pieuvre à anneaux bleus mesure environ 10 cm.

Je suis carrément terrifié!

Ça fait une décennie que j’explore les profondeurs de l’estuaire du Saint-Laurent. Ça me place dans une position de témoin privilégié pour assister à toutes sortes de changements qui se produisent très rapidement.

Par exemple: mes photos sont beaucoup plus claires aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a 10 ans de cela. Et ce n’est pas simplement dû au fait que je me suis amélioré en tant que photographe. Il est aussi question de la chute du phytoplancton dans les eaux du Saint-Laurent, ce qui rend l’eau plus claire pour le photographe sous-marin que je suis.

Quand on parle de phytoplancton, on parle d’algues minuscules qui teintent les eaux du Saint-Laurent en vert. Et elles font bien sûr chuter la visibilité de par leur quantité astronomique. Et c’est important qu’il en aille ainsi. Le phytoplancton est la base de la vie sur terre. Il permet la vie dans les océans. Et relâche de grandes quantités d’oxygène dans l’atmosphère, oxygène que les êtres vivants de toute la planète respirent.

Je suis inquiet depuis des années maintenant. Car j’observe des changements qui se produisent très rapidement dans le Saint-Laurent. Et ils sont de nature très négatifs. Mais ce matin, un article dans le journal Le Devoir m’a carrément catastrophé. Il démontre que les changements vont encore plus vite que je ne le pensais.

Le journaliste Alexandre Shields fait état des travaux des chercheurs qui surveillent la progression de l’hypoxie dans les eaux profondes de l’estuaire du Saint-Laurent. L’hypoxie, c’est le concept qu’on emploie quand il est question du recul des taux d’oxygène dans les océans.

Je savais que le Saint-Laurent était l’un des endroits dans le monde les plus durement touchés par ce phénomène dévastateur. Mais ce matin, je constate avec frayeur que la situation est pire que je ne le croyais. Elle est carrément catastrophique!!! La chute des taux d’oxygène est si drastique qu’elle menace carrément la vie dans l’estuaire! Et on n’exagère pas, là.

Les études les plus récentes à ce sujet ont été menées par Alfonso Mucci, professeur émérite du Département des sciences de la terre et des planètes de l’Université McGill. Celui-ci tranche sans ambages: «Les concentrations en oxygène ont chuté de 50% [!!!!!!!!!!] par rapport à ce qu’elles étaient il y a moins de trois ans. C’est une chute précipitée et surprenante, parce que la vitesse à laquelle ça descend est exceptionnelle. C’est du jamais vu depuis les données de 1930. Les niveaux sont situés nettement plus bas que ceux de l’hypoxie sévère».

Alfonso Mucci ne parle pas à travers son chapeau, à partir d’un labo isolé de McGill, déconnecté qu’il serait ainsi du terrain. Le chercheur a participé aux travaux de recherche dans le cadre de trois expéditions dans l’estuaire du Saint-Laurent et organisées à partir du navire Coriolis II. Les expéditions ont eu lieu entre les mois d’août et octobre derniers.

Je souligne à traits gras, pour qu’on comprenne bien de quoi on parle ici. L’oxygène dissous dans les eaux du Saint-Laurent est ESSENTIEL à TOUTE vie marine. Du simple copépode, en passant par les crevettes, jusqu’aux morues et autres animaux plus volumineux. Comprenons-nous bien: la morue ne pourra pas survivre dans ces eaux, si vous me permettez d’amener l’exemple d’une espèce assez populaire. Les homards et autres crabes des neiges non plus. En fait, toutes les autres espèces disparaîtront elles aussi si le phénomène hypoxique se poursuit.

Les données dont on parle ici ont été obtenues à des profondeurs de plus de 250 mètres dans les eaux de l’estuaire du Saint-Laurent; de Tadoussac à Anticosti. Les chercheurs ont obtenu cette année les plus faibles valeurs jamais enregistrées pour le Saint-Laurent, soit moins de 10% d’oxygène dissous dans ses eaux. De 2003 à 2019, en guise de comparaison, on obtenait des valeurs de 20% d’oxygène dissous pour les mêmes eaux. Et c’était déjà là la moitié de ce qu’on obtenait dans les années 1930.

Je souligne encore à traits très GRAS: Quand des eaux descendent en bas des 10%, «plusieurs espèces ne peuvent survivre et si les concentrations continuent de diminuer, les eaux pourraient devenir complètement dépourvues d’oxygène; c’est-à-dire anoxique. Toute la macrofaune [poissons et faune benthique] disparaîtrait». C’est ce que révèle un rapport sur le sujet et concernant le Saint-Laurent.

J’espère qu’on se comprend bien, là. La situation est dramatique, catastrophique et effrayante! Les scientifiques emploient des termes posés pour parler de la situation, mais moi, je ne suis pas tenu de respecter un certain décorum scientifique. Je vous dis les choses telles qu’elles sont. On est au bord du précipice!!!!

Et ce n’est pas tout!

Plus des eaux s’appauvrissent en oxygène, et plus elles deviennent pleines de métaux lourds toxiques et pleines de sulfures dissous. «Lorsque les eaux deviennent anoxiques, les bactéries utilisent d’autres oxydants pour oxyder la matière organique, soit les oxydes de fer et les oxydes manganèse. Ces oxydes sont de très bons absorbants pour les métaux lourds, comme le cadmium, et d’autres éléments toxiques, comme l’arsenic. Quand ces oxydes vont se dissoudre, ils vont donc relâcher ces éléments dans la colonne d’eau», a expliqué M. Mucci au journaliste Shields.

Les bactéries vont aussi produire des sulfures. Ces substances sont extrêmement toxiques et nocifs pour les animaux marins. En fait, à partir d’un certain seuil, elles les feront tous disparaître!!! «C’est le cas extrême, mais rien ne vit dans ces eaux toxiques», précise M. Mucci.

On peut imaginer ce que ces eaux profondes auront comme impact dans le parc marin du Saguenay. À cette hauteur, les eaux des profondeurs remontent à la surface à cause d’un phénomène appelé «upwelling». C’est pour ça qu’on a beaucoup de baleines à cet endroit. Parce que les eaux des profondeurs, en remontant, ramènent plein de nourriture aux gueules des baleines. Mais le jour où ces eaux seront toxiques, ce seront des poisons qu’elles dirigeront vers les baleines. On peut alors être assurés que les baleines fuiront le parc marin. Et adieu les croisières qui font des millions$ avec elles!

Mais qu’est-ce qui provoque cette catastrophe qui se concrétise présentement sous nos yeux? Les bouleversements climatiques! Ceux-là perturbent les courants océaniques. Ce qui fait que le courant du Labrador rentre moins fort dans l’estuaire du Saint-Laurent depuis des années maintenant, laissant place à de l’eau chaude et moins bien oxygénée en provenance du centre de l’Atlantique. Pour un Saint-Laurent en santé, on a besoin des eaux froides et bien oxygénées du courant du Labrador. C’est fondamental, impératif, obligatoire!

Ce qui se passe dans le Saint-Laurent n’est pas un phénomène unique. D’autres régions du monde en sont aussi affectées. Quand l’hypoxie passe à l’anoxie, on parle alors de zones mortes. On en retrouve aujourd’hui plus de 500 de par le monde…

Sérieusement, il est plus que temps qu’on s’ouvre les yeux. Ce ne sont pas seulement les générations futures qui vont souffrir de la crise environnementale qui se développe sous nos yeux. Nous aussi on est sur le point de la subir très violemment tellement les phénomènes se développent rapidement. C’est franchement effrayant!

Alors agissons!!!!

Le Saint-Laurent, un écosystème de toute beauté!

J’ai aujourd’hui réalisé près de 1300 plongées dans les eaux du Saint-Laurent marin. Et à chaque nouvelle plongée que j’entame, je demeure toujours aussi impressionné par la beauté de ces lieux.

Particulièrement par ce fond qui est peuplé d’innombrables espèces de toutes les couleurs, de toutes les formes.

J’ai coutume de dire qu’on pourrait passer une plongée au complet sur un simple mètre carré et qu’à la fin de celle-ci, on n’aurait pas encore tout vu ce qu’il y avait à voir.

Ici, un soleil de mer épineux parmi toutes les autres espèces accrochées au récif.

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Ce qu’on peut voir à Baie-Comeau

Voici un petit condensé de ce qu’il est possible de voir en plongée, à Baie-Comeau.

Des animaux étonnants. De toutes les formes. De toutes les dimensions. De toutes les couleurs. Et toujours cette impression d’être les premiers à passer par là!

*Pour acheter mes images en ligne: https://patrickrbourgeois.picfair.com/

Le Saint-Laurent, ça ressemble à ça

Depuis plus d’une décennie maintenant, je suis engagé dans une démarche qui consiste à briser les préjugés à l’égard du Saint-Laurent.  Préjugés selon lesquels le Saint-Laurent ne serait qu’un trou noir, ne valant pas le détour.

Or, c’est tout le contraire.  Ce cours d’eau est riche.  Riche de vie et de beauté.

Tout l’été durant, je plonge afin d’en rapporter les plus belles images que je peux.

Et je les partage via les magazines et les réseaux sociaux.

Ici, un collage dont je me sers souvent afin de donner une idée en vidéo de ce à quoi ressemble ce grand Saint-Laurent.

N’hésitez pas à partager!

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Le lucernaire, cet animal étrange

Quand on plonge régulièrement dans les eaux froides du Saint-Laurent, on est amenés à croiser l’existence de toutes sortes d’animaux étranges.

Les plus particuliers sont très certainement ceux qui ressemblent davantage à des fleurs qu’à des animaux.  Le lucernaire est l’un d’entre-eux.

J’en vois souvent dans le Saint-Laurent.  Et je suis toujours aussi renversé par cet animal qui semble avoir des boules disco fonctionnant à la fibre optique au bout des bras.

Le lucernaire fait partie de la classe des cyphozoaires. Cet animal ressemble à une genre de méduse qui n’aurait pas abandonné le stade polype. Cela veut dire que le lucernaire passe sa vie accroché au récif par son pédoncule.

Pour se nourrir, il se laisse bercer par les courants. Les boules qui se trouvent au bout de ses bras se balancent ainsi d’un côté à l’autre et capturent de ce fait des éléments du plancton. Les animalcules ainsi capturés sont par la suite dirigés par le bras vers la bouche du lucernaire qui se trouve au centre de son corps.

Sur l’une des photos qui suivent, on peut apercevoir (si on regarde bien), un copépode qui a été capturé par le lucernaire.

Il y a plusieurs espèces de lucernaires. Dans le Saint-Laurent, nous avons le lucernaire à quatre cornes, le lucernaire en forme de gobelet, le lucernaire atlantique et le lucernaire en forme de trompette. Ils sont assez difficiles à distinguer les uns des autres puisqu’ils se ressemblent tous.

La plupart des lucernaires que j’observe en plongée sont minuscules. Mais ces animaux peuvent atteindre près de 10 cm de hauteur.